Quelques mots sur les maux de l’été

Le rôle ingrat pour lequel je suis missionné ce mois-ci consiste, -après vous avoir faussement inquiété sur la grippe AH1N1 cet hiver-, à gâcher vos vacances en vous rappelant que l’été est  « la saison de tous les dangers ».
Surveiller les enfants
Les atteintes traumatiques et les noyades sont malheureusement fréquentes et concentrées sur cette période de l’année. Le rôle des adultes est difficile : exercer une surveillance permanente (quelques secondes suffisent…) et doser la permissivité (rapport risque/épanouissement….). Un exemple : les animaux supportent mal la chaleur, le dépaysement, la promiscuité….Le plus brave des toutous est capable de mordre dans ces circonstances.
Le soleil : ce faux ami !
Les médias nous le rappellent à juste titre ces temps-ci : le plaisir du plein air, les bienfaits des rayons UV sur la synthèse de la vitamine D par l’organisme, sont à mettre en balance avec : les coups de soleil (1er ou 2ème degré : rougeur ou cloques), l’intolérance au soleil (lucites, urticaire), l’insolation (effet néfaste du soleil sur le cerveau), la déshydratation, et, le plus grave, le coup de chaleur, qui est un dérèglement complet du thermostat de l’organisme, entraînant une fièvre très élevée, des troubles de la conscience. Le coup de chaleur va concerner en particuliers : le sportif (coup de chaleur d’effort), l’enfant et la personne âgée. Nos seniors sont donc à entourer, même (et surtout) s’ils ne partent pas en vacances. Trop de soleil entraîne un vieillissement prématuré de la peau et un risque de cancérisation des grains de beauté, donnant des mélanomes.
Les bêtes qui piquent !
Munissons-nous d’une trousse de secours, avec pince à  épiler, désinfectant, pommade apaisante, etc…. Les risques liés aux vacances dépendent aussi du lieu. Si, en général, pour une expédition aventurière lointaine on prend tous les renseignements possibles, on est moins strict pour les autres destinations. Sur les lieux, il est utile de se renseigner auprès des résidents et des pharmaciens locaux. Toutes les précautions seront ainsi prises pour les randonnées en terrain broussailleux …
Le bord de mer. Les accidents fréquents sont les piqûres de vives et de méduses. Utiliser la chaleur après une piqûre de vive (eau chaude à 40° pendant 30 à 40 mn ; ou approcher une cigarette allumée pendant 3mn ; ou un sèche-cheveux si les circonstances le permettent). Pour la méduse, ce sont les filaments qui sont venimeux. On les retire après avoir appliqué du sable, sans frotter, mais en grattant avec un morceau de plastique rigide. Puis, consulter.
Allergies et malades
Le dépaysement et la détente conviviale sont bénéfiques aux malades Mais il est préférable de trouver une destination qui ne soit pas trop éloignée d’un réseau de santé structuré. Certaines personnes qui ont un terrain allergique sévère connu (urticaire généralisée ou gonflement du visage et de la gorge ou détresse circulatoire), devront impérativement être munies d’un produit injectable de type adrénaline. Mes dernières recommandations iront aux personnes atteintes d’une maladie chronique. Il est préférable de faire le point avec son médecin avant de partir et de prévenir aussi son entourage du risque de malaise.

En espérant ne pas vous avoir déclenché  des bouffées d’angoisse, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter d’excellentes vacances !

Guy Jego
Médecin Bénévole de la Protection Civile 44

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